Le nom

Le genre

Il n'y a pas de distinction de genre (masculin ou féminin) en persan. Le sexe est indiqué par des moyens lexicaux :

xorus — coq
morğ — poule
šir — lion, mâle ou femelle
šir e nar — lion (litt. lion mâle)
šir e mâdde — lionne (litt. lion femelle)
polis — policier, homme ou femme
polis e mard — policier (litt. homme policier)
polis e zan — policière (litt. femme policier)

Le pluriel

La plupart des noms forment leur pluriel en ajoutant un « -hâ » :

singulier plural
ketâb — livre ketâbhâ — livres
zabân — langue zabânhâ — langues
mard — homme mardhâ — hommes

Dans la langue écrite, il y a aussi le suffixe « -ân » (« -gân » après la voyelle « e » et « -yân » après les autres voyelles) qui est typiquement employé pour les noms indiquant l'être humain. EX. mard (homme), mardân (hommes). Il peut distingue un plural humain d'un plural non humain. Par exemple :

singulier plural non humain plural humain
sar — tête sarhâ — têtes sarân — chefs
gozašte — le passé gozaštehâ — les évènements … du passé gozaštegân — les personnes du passé

Dans la langue écrite, beaucoup de mots empruntés à l'arabe ont aussi apporté sa forme plurielle, mais le suffixe « -hâ » est la seule formation vraiment vivante dans le persan contemporain. Dans l'usage familier et dans la langue écrite sans prétention, il peut s'adjoindre à n'importe quel substantif. On peut donc mettre un mot emprunté à l'arabe au pluriel par les procédés persans de formation du pluriel et il est complètement prévalent.

REMARQUE Le nom ne se met pas au pluriel lorsqu'il est précédé d'un adjectif numéral. Alors, on dit : yek/do/se ketâb (un/deux/trois livre). L'adjectif numéral lui-même indique le nombre du nom.

L'article défini

Il n'y a pas d'article défini en persan. Un nom nu est défini en soi :

L'article indéfini

Indétermination est exprimée par l'enclitique « i » postposé au groupe nominal :

REMARQUE En français, l'article indéfini singulier a la même forme que l'adjectif numéral cardinal (« un / une »). Si cette forme renvoie globalement un référent inconnu du locuteur, il s'agit de l'article. Si au contraire cette forme ne renvoie qu'à une quantité unitaire, il s'agit de l'adjectif numéral. C'est le contexte qui seul permet cette déduction. Mais en persan, l'adjectif numéral cardinal (yek) et l'article indéfini (i) ont des formes distinctes :